05 novembre 2006

Halte au massacre de l'environnement !

Le SDUE pousse un cri d'alarme et demande aux autorités du département chargées de l'application de la loi sur l'eau et de la protection de la nature de se réveiller de la complaisance dans laquelle ils se sont laissés glisser depuis trop longtemps.
Il faut interdire et sanctionner de toute urgence les drainages des tourbières qui sont une honte maintenant que nous en connaissons les conséquences désastreuses sur l'écosystème lozérien.
50% des zones humides (soit 8262 hectares), ont été drainées, dans le même temps la Lozère a perdu 50% des cartes de pêche, connu 3 % de fréquentation touristiques / an en moins depuis 3 ans…
L’eau est au centre des préoccupations dans les domaines de la préservation de notre environnement comme pour notre économie et nos perspectives de développement local.
Alors qu'il pleut toujours autant qu'avant, les années déficitaires ont des conséquences rapides et importantes (Plus que par le passé) sur nos écosystèmes aquatiques et sur la ressource en eau parce que Nous n'avons plus de "réservoir tampon" (Stockage d'eau dans nos sols). Nous connaissons des étiages de plus en plus sévères parce que nos ressources en eau sont peu profondes pour 90 %.
Une menace importante pèse sur la qualité de l'eau en milieu karstique. Actuellement l'installation de porcheries industrielles sur le causse et les épandages de lisiers (véritable engrais liquide) provoquent une distrophisation importante et cumulative avec les autres sources de pollution. Nos sols sont constitués de 50 % de refus à 2 mm (Cailloux et graviers) puis de 50 à 60 % de sables pour la "terre fine". Donc très filtrants, perméables et lessivables ! Ce type de nappes phréatiques a de faibles réserves en eau, et les sols ne retiennent pas les engrais, lisiers, et favorisent donc le passage des éléments polluants vers les cours d'eau.
La protection des sources et des cours d'eau, doivent se raisonner en tenant compte de ces paramètres de perméabilité. Des périmètres de protection des sources de 40 mètres en périphérie des captages sont incapables de limiter les pollutions.
De même, les épandages (Engrais, lisiers) en bordures des cours d'eau (10 mètres minimum), sur dépôts d'alluvions sableux et granitiques, entraînent des lessivages importants et une distrophisation accélérés. Il faut raisonner à l'échelle d'un bassin versant (Tonnage d'intrants agricoles admissibles) Sachant que 45 % des stations d'épurations ne fonctionnent pas correctement et qu'en période estivale la population est multipliée par 2 à 10 dans certains secteurs, avec des stations sous dimensionnées.

On se retrouve avec l’addition de Trois problèmes
La biologie des Cyanophycées
• La croissance des cyanophycées dépend de la température (T° optimale 15 à 25°c) ainsi que de la présence de sources inorganiques d’azote et de phosphore (L’élément le plus limitant) La présence du phosphore sera déterminante quant à l’apparition des « fleurs d’eau » et du bloom algual. La pollution domestique a aussi sa part de responsabilité.
• L'azote minéral provient essentiellement du lessivage des terres agricoles.
• Le phosphore minéral provient de l'absence et du dysfonctionnement des stations d'épurations

Le drainage supprime la seule ressource en eau pour nos captages et pour l'alimentation des cours d'eau puisque la seule ressource reste les nappes phréatiques.
Or, les zones humides jouent un rôle considérable :
• Réservoir en eau (Des nappes phréatiques).
• Zones tampon par absorption des fortes pluies et limitation des crues dévastatrices
• Libération de l’eau en été et limitation des étiages.
• Un filtre chimique : La masse organique filtre les polluants.
• Un filtre biologique : Le pH acide (4 à 4,5) bloque tout développement bactérien. L’eau stagnante expose les bactéries aux U.V. solaire.
• Effet de « dénitrification » par phénomène de réduction
• Sans compter sur le rôle important en tant que réservoir de biodiversité…
Une tourbière équivaut à un barrage car selon la profondeur de tourbe,on dispose de 2000 à 3000 m3 d’eau / ha. En effet, les sphaignes renferment 40 fois leur poids sec en eau ! La tourbe renferme 87 % d’eau.
• 25 à 30 % de l’eau est restituée au bassin versant soit 250 à 300 mm / mètre de sol.
Malheureusement, de nombreuses zones humides classées en ZNIEFF ont été détruites !(Zones Naturelles d’intérêts Ecologiques, Faunistiques et Floristiques)

D’autres menaces pèsent sur la qualité de l’eau pour l’avenir !
C'est le cas du salage hivernal des routes
• Hiver 2004 : 12043 tonnes de sel épandues sur nos routes départementales *
• A 58,48 € la tonne et un coût total de 704274,64 € (Source DDE 48)
• Où va ce sel, pour quelles conséquences ?
• Les rivières sont plus salines que la mer sur de courtes périodes !?
• Ce salage intervient en période d’étiage hivernal et de reproduction des salmonidés…

Forts de ce constat, nous appelons à un changement des comportements et à une prise en compte des intérêts de tous les acteurs pour la préservation des richesses de la Lozère, loin des réactions mesquines et sectaires qui sont obsolètes et n'impressionnent personne. Nous devons tous, chacun pour sa part, respecter la Lozère en cherchant à comprendre sincèrement comment ça marche !

2 Comments:

At 6:05 AM, Anonymous Jimmy St-Gelais said...

Intéressant! J’ai rédigé deux textes traitant de sujets environnementaux, dont l’un a paru dans le journal Le Devoir. À voir sur mon blogue :

http://pourquedemainsoit.blogspot.com/2007/04/le-dogme-de-la-croissance.html

http://pourquedemainsoit.blogspot.com/2007/04/le-complot-de-leau.html

 
At 12:42 PM, Blogger JYL said...

J'ai bien lu vos articles et je partage pleinement votre analyse. J'espère que nous pourrons partout sur la planète conduire ensemble à la généralisation de cette conscience du bien commun, et de la nécessité de renoncer à la pensée triomphante par passivité et peur du plus grand nombre, en apportant cette assurance à nos concitoyens que la volonté humaine peut renverser des montagnes d'idées reçues et que la pression de "l'élite" peut être vaincu par l'instruction à la démocratie et à la préservation de la vie.
Il faut entrer en résistance avec confiance car le libéralisme est un fascisme sans avenir.

 

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