26 mars 2008

Nous vous attendions !

[Avenue de la Gare St Chély d'Apcher]



Il y a des jours où les choses sont comme une caresse de la vie. Des jours inattendus qui vous surprennent par le moment le plus improbable. Rien toutefois de miraculeux ou de flamboyant c’est l’ordinaire qui s’invite dans un regard, une parole. C’est ce qui m’est arrivé aujourd’hui dans un supermarché de la ville.

J’attendais à la caisse. Devant moi un homme avait étalé ses articles avant de repartir dans les rayons chercher un produit oublié. J’attendais patiemment son retour. La caissière aussi. Lorsqu’il revint et qu’il reprit sa place, il se tourna vers moi et me dit. Alors vous n’y êtes pas allé cette fois-ci ? Mais nous vous attendions !

Son regard était sincère et franc comme peut l’être le regard de ceux qui espèrent. Il était sans prétention, sans reproche. Il n’avait ni la suffisance de ceux qui défendent, dans une inculture bruyante, un intérêt partisan, ni l’allure des désespérés qui appellent au secours le premier marin qui passe.

Je lui répondis simplement : Saint Chély n’est pas prête à avoir un maire comme moi. Il faudra attendre probablement 50 ans devais-je ajouter. Je crois lui avoir dit l’essentiel. Son visage marqua une vraie déception. Nous, nous étions tout dit si vite. Son regard s’assombrit de la même façon que celui de la caissière qui nous écoutait et attendait.

Manifestement, il ne savait pas quoi ajouter et moi je comprenais que j’avais été trop direct trop brutal mais je ne m’attendais pas à cette rencontre. Avant qu’il ne m’adresse la parole je pensais à mon départ prochain, à la fin de l’année scolaire, aux sms que je venais d’échanger à propos de Nîmes où j’avais laissé tant de choses, à ma toux qui ne s’arrêtait pas… J’avais à peine conscience de l’existence du supermarché dans lequel j’étais. Sans plus dire un mot, il rangea ses courses dans un carton, puis il leva la tête pour me regarder. Il cherchait la manière de me dire au revoir. Je ne lui en laissa pas le temps : Merci lui dis-je simplement.

Il partit sans répondre, le regard paisible et plein de douceur.

Après avoir rangé mes courses je dis au revoir à la caissière qui me répondit sur un ton qui m’accompagnait avec le même parfum que le regard de cet homme : soignez vous bien !

Il y des jours comme ça !

3 Comments:

At 7:42 PM, Anonymous Anonyme said...

Comment tu tousses encore, cours chez le médecin, fais une radio et donne-nous vite de bonnes nouvelles !
Les choses avancent tout doucement mais quand même...
Henri blanc a été battu d'une voix à Montjézieu par Madame Aulas et avec mon concours avisé...
Pascal Puech a été élu à Auxillac et je pense qu'il va siéger au conseil municipal de la canourgue... Tout un programme d'ouverture vers l'impensable pour les autres zélés zélus...
Mende est passée à gauche...

 
At 7:45 PM, Anonymous Valoisien said...

De toute façon pour avoir un maire comme vous, il vous aurait fallu le courage de siéger dans l'opposition en tant que simple conseiller municipal. (Il y'avait 2 listes face au maire sortant...)
Avant d'être maire il faut se "faire la main" en tant qu'anonyme au conseil municipal. Mais peut-être n'est ce pas assez bien pour vous ?!

Avec un tel raisonnement il y'aura jamais de changement ? Mais d'ailleurs qu'est qu'un maire comme vous ?

Mais de toute façon si vous partez de Lozère, et que les BARRABANDS sont content de leur maire...
Que voulez vous qu'ont vous dise ?

Au plaisir de vous lire (encore)

 
At 10:17 PM, Blogger Joël YOYOTTE-LANDRY said...

Pour ce qui me concerne, siéger dans l’opposition (sans qu’il soit utile de s’arrêter sur la taille de la commune) ne s’apparente pas à une question de courage. Ne vous déplaise ! Peut-être n’êtes vous pas de Lozère. Mais même dans ce cas, je ne crois pas nécessaire d’étaler ici l’exemplarité, en la matière, de mes actions et écrits dans ce département (Permettez moi cet écart).
D’autre part, si le passage en "anonyme" au conseil d’une minuscule commune de 3 mille habitants vous est indispensable avant de vous sentir capable d’en assumer la gestion, libre à vous d’en respecter l’étape.
Ne vous y trompez pas, cela ne signifie pas pour autant que je considère comme méprisable de remplir une telle mission. Loin s'en faut. Vous voyez, les choses de la vie sont tellement pleines de nuances et si difficiles à décrypter parfois…
Quant à l’expression : "un maire comme moi", là aussi je constate que c’est l’imagination qui vous fait le plus défaut hélas. Comment vous en ferais-je le reproche ?
Je pars, oui en principe. Vous m’en excuserez le cas échéant ?
Pour le reste et si cet échange peut vous être utile d’une façon, sachez qu’autour d’une élection, un peu avant surtout il y a mille choses à envisager :

-Les objectifs locaux et nationaux que l’on s’assigne au regard des idéaux que l’on observe ;
-La portée et les résultats des négociations avec les responsables des partis dits « amis » et ce sur quoi on n'est pas prêt de céder.
-La conjoncture locale, départementale et nationale ;
-Le rapport entre les coûts (financiers et humains) de l’opération et les chances de succès ;
-La stratégie à court et/ou long terme
-La sociologie locale, etc.
-Les impératifs personnels

Mais qu’à Dieu ne plaise : siégez monsieur, siégez !!!

 

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