01 mars 2008

Ne tirez pas sur les mouches



Un ami, que je tiens pour précieux et dont je supporte l’acerbe sincérité et l’acide aversion envers "le politique", sachant que j’ai présidé pendant 5 années une fédération de parti politique m’interpella récemment en ces termes :

Je crois me dit-il que pour une très large part, bien qu’occupant ou ayant occupé des postes dans le privé ou le public fortement rémunérateurs, ceux qui se regroupent dans des partis politiques sont pour la plupart motivés exclusivement par le gain financier supplémentaire.

Ce n’est pas un idéal qui pousse, pour l’essentiel, le plus grand nombre mais bel et bien la réalité du fric. Les émoluments qui tombent chaque mois de tel ou tel mandat.

Paradoxalement dans ces partis, poursuivit-il, il y a proportionnellement à la population peu de membres, ce qui donnerait en principe par le jeu de l’alternance démocratique beaucoup de chances aux uns et aux autres de parvenir rapidement au jackpot sans dommage. Pourtant cela est rendu difficile moins par l’action des adversaires que par leur propre agitation désordonnée.

En effet, si ce qui est recherché par le plus grand nombre est l’argent, à l’approche des partis ils sont attirés par le pouvoir comme la mouche par la lumière. Captivés malgré eux par les feux de la rampe ils se détournent de leur objectif final barrant la route à ceux qui peuvent sûrement les y conduire : les idéalistes des partis.

Ceux-là, insistait-il, sont sincères, vrais, parlent avec leur cœur et font preuve d’une grande intelligence. Ils sont, par essence même, capables de conduire toute l’équipe à la victoire. Le peuple est souvent sensible à leur authenticité.

Mais, leur accès à la lumière est rendu impossible par le goulot d’étranglement que forme le plus grand nombre de ceux qui ne cherchant pourtant que l’argent, sont hypnotisés par le chant du pouvoir et ligotés mentalement autour de lui.

Le miel est à bâbord mais toutes les mouches sont à tribord à tourner autour du pôle aimanté du pouvoir. Et les idéalistes enfin se noient, malgré eux, souvent les premiers dans le bol de miel le ventre plein, asphyxiés en périphérie de la lumière qu’ils cherchaient à atteindre et dont ils ne se préoccupent plus.

Il acheva, ironique, par cette question perfide son exposé en appuyant sur l’adjectif : Qu’en penses-tu toi l’idéaliste ?

Je lui répondis pour n’avoir connu ni la lumière ni le miel et un peu vaincu par tant de clairvoyance, qu’il devait y avoir une troisième catégorie de mouches : les idéalistes- pratiques ! Un peu comme les ambulanciers du système, toujours insatisfaits, perdus dans l’urgence des trajets alternatifs entre bouche-à-bouche et extinction des feux !

1 Comments:

At 6:33 PM, Anonymous Anonyme said...

Un ami comme celui-là, Joël, il faut le garder précieusement ! Veiller à sa sauvegarde et à son bien-être :)
Tu sais nous, les résistants, on se compte sur les doigts d'une main, surtout en Lozère !
On va finir dans les soirées "contes et rencontres" on leur racontera la liberté, l'égalité, la fraternité, le partage, la redistribution...
Coluche disait "il y en a qui sont moins égaux que les autres"... Maintenant les choses se sont agravées tout le monde et différent de tout le monde et surtout beaucoup mieux que les autres qu'on leur désigne comme porteur de tous leurs maux!

 

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