01 juin 2008

La mue (Poésie)

J’avais un ami, un homme d’abord

Il se tenait hier bien plus droit que moi

La tête bien haute et le cœur en or

Il disait des mots et j’écrivais sa loi


Il marchait dans l’ombre que je lui faisais

Mais avait toujours le glaive à la main

La démarche rapide, une armure d’airain

Mais ses yeux portaient un regard de paix


J’avais un ami, un monstre aujourd’hui

Je l’ai retrouvé à l’ombre d’un palais

Il était gluant et se traînait aux huis

Ni lire ni écrire ne lui revenait


J’ai eu bien du mal à le reconnaître

Il gardait la tête comme celle des limandes

La paupière basse, le regard cherchant aux fenêtres

D’où son corps de crabe pouvait fuir Mende


De sa bouche sortaient des tas de mensonges

A la queue leu leu comme des grenouilles

J’aurais préféré que ce fût un songe

Que son cœur de pierre et ses yeux se mouillent


Mais les hommes meurent quand leur mue s’achève


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