14 septembre 2010

Les poissons et le dieu POP


Ce jour dernier jour du célèbre festival de Ganesha qui dure en fonction des familles 1,5 jour, 5 jours, 11 jours ou 13 jours, les hindous vont immerger les idoles de plâtre dans la rivière. Cette fête est célébrée dans toute l’Inde et particulièrement dans l’Etat du maharashtra, à Mumbai Pune et Nashik.


Pendant tout le festival la pollution sonore est à son maximum et c’est un brouhaha énorme qui envahit les rues de la ville terrorisant les animaux qui tentent vainement de fuir dans les recoins des quartiers qui ne leur donnent aucune chance d’évasion.


Le premier jour du festival les familles commencent par se baigner et acheter une représentation de leur dieu pour la plupart en POP (Plaster of Paris). Chaque jour ils vont offrir des prières et des fleurs à leur dieu en plâtre de Paris en moyenne pendant 10 jours. Le dernier jour ils vont accompagner leur dieu jusqu’à la rivière et l’immerger en lançant des fleurs encore emballées dans des sachets de plastique. Les dévots crient « Ganapati bappa morya ! Mangal moorti morya » (Que vive Ganesha ! Toi qui portes chance reviens-nous ! ). Et quel retour !


Cette fête a été mise en avant par le leader nationaliste Lokmanya Tilak pour donner aux indiens un espace de rencontre sous l’occupation anglaise où ils pouvaient partager leurs soucis et réfléchir à la lutte contre les anglais en se rassemblant. A l’époque, seule l'argile servait à la fabrication des idoles qui étaient immergées dans un point d’eau à proximité du lieu d’habitation des dévots où elles se dégradaient naturellement et rapidement en respectant l’environnement. Avec l’urbanisation et les intérêts commerciaux importants l’argile a été remplacée par le POP plus facile à transporter et à mouler. Cependant, le plâtre plus lent à la dissolution entraîne des conséquences désastreuses sur la flore et la faune. De plus les peintures utilisées pour la décoration contiennent des métaux lourds comme le mercure et le cadmium dont les effets sont catastrophiques à quoi il faut ajouter les innombrables maladies de la peau que l’on peut observer. Le lendemain de la fête on peut voir des bancs entiers de poissons décimés flottant sur l’eau. Aucune des solutions jusqu’alors proposées ne parait s’imposer aux traditions : ni le retour à l’argile traditionnelle ou l’usage d’idole réutilisables, l’utilisation de matériaux biodégradables. L’utilisation de réservoirs d’immersion n’a pas plus été efficace dans la mesure où les employés municipaux retirent des réservoirs les idoles qu’ils ne peuvent ni démolir ni brûler pour les réexpédier dans la rivière. La prise de conscience d’un impératif écologique est pourtant urgente pour l’Inde qui possède les rivières les plus polluées du monde.

0 Comments:

Enregistrer un commentaire

Links to this post:

Créer un lien

<< Home